Déjà la 9ième édition de notre revue de blog, on espère que cette rubrique vous plait. N’hésitez pas à nous faire part de vos commentaires si vous aimez ou pour nous soumettre vos idées.
LE BAGAGE DE CAVENDISH
Le bagage du cycliste renvoie aujourd’hui à une valise douteuse dans laquelle le coureur transporte ses produits interdits. On pense à celui de Moises Duenas, mis en examen pour «usage et détention de plantes et substances vénéneuses» après que des seringues, des aiguilles et des poches de transfusion aient été découvertes. A se demander où l’Espagnol, contrôlé positif à l’EPO, trouvait encore la place de glisser une ordinaire trousse de toilette !
Très longtemps, le bagage du cycliste était une métaphore qui servait à souligner l’importance de diversifier ses expériences et de ne pas se cantonner dans un type de pratique. C’est parce qu’un coureur choisit de se confronter aux rigueurs, pour ne pas dire aux risques, des courses flamandes en avril qu’il se sent à l’aise quand un peloton frotte en juillet. Souvenez-vous du pauvre Zülle, incapable de trouver la direction de la Belgique (en raison de sa myopie ?) et qui, dans le Tour 1999, a pris plusieurs minutes dans la vue dès l’amorce vendéenne de la course, victime du Passage du Gois (une voie étroite et glissante, de plusieurs kilomètres, accessible uniquement par marée basse) que tout le peloton attendait comme la tranchée d’Arenberg ou le Koppenberg. A Paris, le Suisse a fini deuxième, méditant peut-être sur le sens et l’intérêt de posséder un bon «bagage cycliste».
Ceci me conduit à saluer la quatrième victoire de Mark Cavendish, même si certains, autour de moi, s’interrogent déjà sur son autre bagage, celui qu’il dépose chaque jour à l’hôtel. Son bagage cycliste est, lui, bien connu, bien identifié. On peut y fouiller avec la curiosité gourmande d’un policier, et en extraire ses produits positifs à lui. Devant ma télé, en avril dernier, je l’ai vu devenir Champion du monde de l’Américaine à Manchester. C’est un récidiviste. Il l’avait déjà été trois ans plus tôt. Comme quoi la piste est un domaine qui lui tient à cœur. Surtout, il y perfectionne ses qualités de sprinteur et développe une «sensibilité» pour l’exercice. La piste permet d’affiner son «contact» avec l’adversaire dans ce jeu permanent des corps qui se frôlent, se cherchent, s’intimident ou se provoquent. Elle permet aussi de «caler» un effort par rapport à des rivaux et non par rapport à un «train» d’équipiers, dans le schéma confortable élaboré au cœur des années 90. Elle permet enfin d’entrenir un sens de la trajectoire fluide car, faut-il le rappeler, le vélo de pistard ne possède pas de freins. Les coups de patins, Mark Cavendish ne connaît pas !
Mark Cavandish a surtout appris, et entretenu, sur piste, l’art de se «compacter» dans l’effort. En plein sprint, il ne bouge pas des épaules et de la tête, grâce à un excellent gainage de la partie supérieure du corps (Plus il est gainé, plus il est compact ; plus il se compacte, plus il se gaine : c’est le cercle vertueux du sprinteur !). Il ajoute à cela, et c’était très visible aujourd’hui, une position très avancée, avec des épaules bien en amont de la ligne du cintre. Dans Vélo magazine, Frédéric Grappe, notre spécialiste de la physiologie et de la biomécanique de l’effort, le comparait à un sprinteur à pied «qui pousse sur les starting-blocks» et allait plus loin dans son analyse : «Il optimise ainsi l’alignement de la chaine musculaire des membres inférieurs pour que la force exercée sur les pédales soit maximale.»
Ainsi donc, nous pouvons conclure ceci : quand Mark Cavendish sort son bagage, c’est les autres qui prennent une valise !
Pashley remet le GUV’NOR au goût du jour
Pashley c’est le vélo anglais par excellence avec une gamme qui va du vélo pour dames aux courbes élégantes, drapées dans une robe noire très classique, aux vélos spéciaux conçus spécialement pour les personnes à mobilité réduite, sans oublier le modèle pour vendeurs de glaces avec compartiment de réfrigération et parasol inclus.
Mais ce n’est pas tout, Pashley c’est aussi le GUV’NOR, une réédition d’un vélo qui a fait la réputation de la marque à ses débuts dans les années trente, ressorti aujourd’hui avec sa géométrie d’origine mais doté d’accessoires actuels, comme cette très belle selle Brooks B17 montée sur des rails légers en Titane.
Ce vélo est présenté par Pashley comme le vélo idéal pour parcourir la campagne - anglaise s’entend, parce que je me vois mal gravir les pentes qui m’entourent avec un singlespeed dont la géométrie doit être loin d’être des plus efficace en côte. Par contre pour ce qui est de l’élégance, je suis certain que rares sont les vélos capables de le battre et qu’on doit se faire bombarder de regards envieux (et curieux!) avec un engin d’une telle beauté.
Si le GUV’NOR vous intéresse, vous pourrez en apprendre plus sur
ce site qui lui est dédié et pour découvrir l’ensemble de la gamme Pashley, vous trouverez leur site web
par ici.
Comment voyager à vélo gratuitement
Deux des avantages du voyage à vélo sont les possibilité de rencontre qui s’offrent au cycliste et le coût de revient modeste de ce genre de vacances qui fait du bien au porte-monnaie. Ce ne sont pas les seuls, de loin, mais dans le cadre de ce billet ce sont ceux qui, mis ensembles vont nous permettre de faire d’une pierre deux coups.
Si vous êtes adeptes du cyclo-camping, vous savez déjà que se déplacer à vélo et camper ne coûte pas cher. Vous avez peut-être aussi déjà tenté le camping sauvage qui, lui, ne coûte rien, si ce n’est parfois la vue d’un fusil (véridique, les paysans Suisses tiennent parfois un peu trop à ce que leur droit de propriété soit respecté).
Mais il existe encore une autre solution qui, lorsque l’envie d’une bonne douche chaude (et, peut-être, aussi de contact) se fait ressentir, vous permettra de bénéficier gratuitement d’un toit, d’une douche et peut-être même d’un repas.
Evidemment, ça ne fonctionne pas à sens unique et si vous voulez bénéficier d’un accueil chez un habitant généreux vous devrez être vous aussi prêt à accueillir à l’occasion l’un (ou plusieurs) de ces cyclo-campeur(s) et leur offrir l’hospitalité.
Parce que c’est de cela qu’il s’agit. D’hospitalité et d’accueil, pour des gens qui, eux aussi, comme vous, apprécient de voyager à vélo et d’en profiter pour faire des rencontres.
Voici comment ça marche
Il vous suffit de créer un compte sur un site de la vélo-hospitalité ou de donner votre adresse pour une liste envoyée par courrier en indiquant ce que vous êtes prêt à offrir (douche, lit, coin pour la tente, repas, etc…), vos informations de contact et disponibilité et quelques infos sur votre région (possibilités d’hébergement, proximité d’un magasin de vélo, etc…). Une fois votre adresse donnée et les informations complétées, vous pourrez accéder à la liste de tous ceux qui, comme vous, se réjouissent d’accueillir et surtout de partager quelques instants avec des vélo-voyageurs qui passent près de chez eux, à condition bien sûr d’avoir été prévenus à l’avance.
Où s’adresser pour ça?
Je ne sais pas s’il en existe d’autres, mais la liste principale que je connais qui offre ce service internationalement est la Warshowers list (liste de la vélo-hospitalité, avec une page en français), dont les membres viennent du monde entier (enfin, presque…). L’inscription y est gratuite.
Pour la Suisse, on a Velodach (en français Velogîtes), qui offre un service similaire sur notre territoire.
En Allemagne vous la trouverez sur Dachgeber. En France c’est géré par la CCI, en Autriche Argus et en Grande-Bretagne vous trouverez ça sur Cycling with Neil.
Ce que j’en pense
Comme vous le savez, plus on est de fous, plus il y a de lits. Donc plus il y aura de membres, plus les possibilités d’hébergement seront nombreuses. Je vous invite donc à vous inscrire sur l’une (ou l’ensemble) de ces listes.
Accueillir ou être accueilli par des cyclo-voyageurs est une source d’enrichissement personnel, une forme d’entraide entre cyclistes et un excellent moyen de partager des expériences et de se raconter ses voyages. Ou de boire une bière ensemble. Madame pierrequiroule et moi avons eu la chance grâce à la Warmshowers List d’être accueillis l’année passée à Glasgow par Colin qui a été d’une rare générosité.
Pour l’anecdote, on a grâce à lui voyagé tous les deux avec chacun deux brosses à dents. Celle qu’on avait emmenée de chez nous et celle qu’il nous a offerte à notre arrivée chez lui.